Nudité

بواسطة | 12 فبراير 2018 | مقالات | 2 تعليقات

Mon cher ami Adel,

Tu te caches derrière une discrétion presque maladive. Je ne te juge pas mais je donne un petit détail relatif à ton texte sur Artémis et le fameux tableau de François Boucher (1703-1770) peintre français représentant du style rocaille, « photographe » de la déesse immaculée. Puisque tu es membre de la famille Hajj-Hassan, tu te trouves dans l’embarras de permettre la publication du tableau sur le site Assanabel par pudeur et peut-être par une conscience objective sur les conséquences d’un outrage à l’avant-goût de la large majorité des monothéistes, ce qui constitue en soi-même une atteinte aux croyances religieuses. La nudité d’Artémis est certes choquante pour les esprits faibles mais sans elle l’art du peintre serait une peine perdue. Les préjugés islamiques sont artificiels et exclusifs à leur histoire usinée, à leurs dires, par Allah à tel point que le visage de leur prophète nous est absent alors que les grands des anciennes civilisations ont été immortalisés par les effigies et les statuts. Dieu a honte de rendre publique l’image de son messager!

Ton texte sur Artémis est élégant, angélique et admirable. Tes yeux sont allés loin, très loin, pour faire une anatomie poétique d’une femme nue dont les vêtements la rendent blèche, disgracieuse et déformée. Ah! Quels seins! Introuvables même chez les sirènes du paradis musulman. Mes pensées vont à un dévot léchant ses babines à la vue d’une telle créature. Il risque de répudier sa propre femme. Il le fera sûrement! Les allégories sexuelles n’ont pas d’effet corroboré sur le contenu littéraire. On ne voit pas en Artémis un objet sexuel mais une Beauté, une valeur universelle allant au-delà des appétences charnelles. C’est tout un charme, toute une philosophie et une histoire profonde derrière chaque trait de son corps. Elle habite notre conscience, notre vie.

À l’image de ton style, j’ai inventé un petit conte qui porte en lui-même un envoûtement à l’instar de ton exégèse. Un roi sentant la lassitude dans son palais, alla chercher un coin paisible. Il arriva dans une colline verdoyante. Ses yeux tombèrent sur un corps sur le dos et les mains sous la nuque. Il lui adressa la parole: je suis le roi, qui es-tu? La personne répond: il suffit de regarder mes moutons. Le roi lui dit: que désires-tu? La personne rétorque: rien, absolument rien. Le roi dit: et si on échange nos rôles? Le berger dit: ça ne me servirait à rien si j’étais roi. Je suis content parce que je suis plus proche du ciel que vous. La civilisation de l’extrême- orient est pleine de simplicité qui rend les peuples en parfaite harmonie avec leur culte.

Dans le livre de la Genèse, la nudité primitive est conçue à l’image du couple Adam et Eve. Etant au Paradis, rien ne pousse à ce qu’ils soient habillés. En effet, ils viennent d’être créés tout fraîchement! On dirait que les conditions climatiques nous échappent, mais l’imagination toujours humaine ne peut sortir de sa coque rituelle qu’au prix de longues souffrances. Le besoin de se vêtir est lié au pêché originel. Le couple vient de rompre le divin: ils dégustent le premier contact sexuel (oublions l’histoire de la pomme). Ils seront punis et chassés. Dorénavant ils doivent voiler leurs organes reproductifs. La nudité de Noé est évocatrice. Selon la bible, Noé a trois fils: Sem, Cham (Ham) et Japhet. A un moment de l’histoire, il jette le sortilège sur Canaan le fils de Cham (prétendument père des Arabes). En effet, Noé s’est soûlé du vin de sa vigne. Il s’est déshabillé durant son ivresse. Par malheur, Cham l’a vu dans son simple appareil. Il appelle ses frères pour voir la scène mais Sem et Japhet dédaignent, par pudeur, de le regarder. Ils le couvrent vite en ayant le soin de lui tourner délibérément le dos. La «malédiction de Cham» baisse le rideau sur un thème purement raciste: Canaan serait le serf de la progéniture de Sem (père des juifs entre autres). Il faut éterniser l’idée du «peuple élu » et son droit divin sur les terres de Canaan (Palestine, Liban, et une partie du littoral syrien). Le Dieu d’Israël est l’emblème du Mal et de ses sacrifices rôtis assouvissant ses narines. La hantise des monothéistes pousse les gens à enterrer leurs morts habillés ou drapés. On a peur de se découvrir devant le Suprême qui empêcherait tout retour à l’état natif pourtant nu. Quel paradoxe!

Mon expérience personnelle avec la nudité ne se rapporte pas à certains moments de mon enfance (l’enfant nu est une image anodine quasi universelle). Etant médecin, j’avais connu trop de nudités «pathologiques». Le corps nu m’inspirait une indifférence totale. Le spirituel ne se mélange pas au matériel. Cet état d’âme m’avait escorté jusqu’au moment où j’ai eu l’occasion d’avoir une certaine confidence avec une belle femme dont j’avais la liberté de naviguer avec elle sur le même bateau. Une fois, elle me confie qu’elle avait subi une césarienne «esthétique». Je lui avais demandé, sans aucune arrière-pensée, de me la montrer. Et voilà, pour la première fois de ma vie, que mes doigts avaient tremblé en touchant une fine cicatrice presque invisible quelques centimètres au-dessus de son pubis. L’histoire s’arrête là sans conséquences. Quelques jours plus tard je lui avais communiqué une anecdote «anatomique». Je lui avais dit qu’elle a deux fentes: une horizontale et éteinte, l’autre verticale mais toujours vivante! Sa nudité partielle et innocente m’était une occasion de désirer l’inviolable!

La nudité en Grèce antique est l’illustration philosophique de l’art dans sa forme la plus ingénue. Les statuts des musées nous disent long sur un œuvre unique en son temps sur le nu en tant qu’une création artistique dénuée de toute allégorie sur la sexualité. Les hommes célèbres ont été façonnés à l’image d’Apollon le beau, l’athlétique et le viril. Tous les nus de l’art européen sont inspirés de cette glorieuse civilisation. Nausicaa fille d’Alcinoos et d’Arété est rendue fameuse dans deux passages de l’Odyssée d’Homère. Nausicaa fait un rêve. Athéna lui apparait sous les traits d’une simple amie lui conseillant de laver son linge dans la rivière. Le lendemain, son père autorise sa sortie avec des courtisanes. La fille y va avec une fiole d’huile d’olive. En fait, tout cet engrenage d’Athéna vise à préparer son mariage. Les jeunes filles se baignent et frottent leur corps d’huile. L’heure de partir est venue. Non loin de là, Ulysse nu, sale et fatigué après son naufrage est attiré par les cris. Il se montre au cortège. Les suivantes s’enfuient et seule Nausicaa fait face à l’héros car «Athéna lui donnait le courage et chassait la peur de ses membres». Ulysse lui adresse la parole: “Je te supplie, ô reine, que tu sois Déesse ou mortelle! Si tu es Déesse, de celles qui habitent le vaste ciel, tu me sembles Artémis par la beauté, la stature et la grâce; Si tu es une des mortelles qui habitent sur la terre, trois fois heureux ton père et ta mère vénérable! Trois fois heureux tes frères». Athéna «fait paraitre la taille du héros plus grande, plus majestueuse, et de sa tête elle laisse descendre sa chevelure en boucles ondoyantes, semblables à la fleur d’hyacinthe». Nausicaa s’exclame: «Plût aux Dieux qu’un tel homme fût nommé mon mari, qu’il habitât ici et qu’il lui plût d’y rester». La fille demande à Ulysse de «touchez les genoux de ma mère afin que vous puissiez retourner dans votre pays». L’histoire se termine par ces quelques mots: «Salut, mon hôte! Plaise aux Dieux, quand tu seras dans la patrie, que tu te souviennes de moi à qui tu dois la vie». La nudité d’Ulysse n’a pas ouvert la voie au mariage (contact sexuel) mais à l’admiration artistique de tout ce qui est beau. Elle prend une conception philosophique. Les Grecs de l’Antiquité valorisaient la nudité masculine dans certains contextes: l’adjectif gymnos, dont est dérivé notre gymnaste, signifiait nu.

Chez les arabes de l’anté-islam, les gens font la circumambulation (pèlerinage) tous nus hommes et femmes! L’islam a gardé un certain héritage de cette époque révolue: les hommes ont la torse nue mais les femmes sont, bien sûr, totalement habillées. Au fond, la nudité ne doit pas violer l’esprit de la religion car elle est conforme à la nature primordiale des humains qui peuvent se présenter à leur Dieu comme ils sont nés c’est-à-dire nus. Ils le seront ainsi le jour du jugement dernier. Personnellement, je pense que tous les tabous sur la nudité sont d’origine judéo-chrétienne étrangère à l’Arabie. Quelques siècles après l’aube islamique, le célèbre voyageur IBN BATTUTA nous racontent que la nudité partielle ou totale se pratiquait toujours chez les musulmans du continent noir, chez les indiens et autres parties du monde.

Cher ami Adel,

De nos jours, l’exhibitionnisme comme signe de protestation n’est pas admis même dans les démocraties américaines et européennes, alors que la pratique du nudisme est trop tolérée sur certaines plages ou dans la rue. Dans tous les cas, les gens fautifs arrêtés par la police ne sont pas flagellés! Dans notre monde arabe et musulman la nudité est prohibée à tel point qu’on ne voit plus les danseuses orientales au ventre nu évoluant sur la scène! Je pense que l’approche du hijab et de la nudité dans le même contexte féminin doit être amplement admise pour gagner un peu de liberté dans notre vie quotidienne. Notre combat contre l’obscurantisme ne doit pas cesser. Notre ligne de pensée n’est pas contre la religion car notre retour au naturalisme est quelque chose désiré par le Suprême. Une célébrité de la haute-couture Française (Yves Saint Laurent) disait que: «Le plus beau vêtement d’une femme, c’est sa nudité».

Dr. Chawki Youssef

2 تعليقان

  1. إبراهيم يوسف

    د. شوقي

    أين مني مجلسٌ أنتَ به..!؟ ما دام المعتدلون في الخوف على المرأة، يخشون من ظهور ساقيها تحت الركبتين، فما بالك بالمغالين المتشددين..!؟ حيث نقبَّها “وشَوْدَرَها” أبو العيال، فحرق أنفاسها وأنْكَرَ عليها وجهَها، أهم ما حباها الله في شكلها وشخصِيَّتِها، ليبقى خوف الرجال أن تفتحَ المرأة عينيها على زمن، لن يعودَ القهقرى إلى الخلف.

    ولئن قال شعراء العرب ما قالوه في جسد المرأة..؟ فما “العجب” أن يرسم فرنسوا بوشيه أرتميدا كما تراءت له عبر الأساطير..! وأي فارق بين الصورة والقصيدة؟ وبين بوشيه ونزار ومظفر، حينما يتحدث قباني عن صبابة النور على جسد امرأة، يشرئب نهدها نزقا كعصفور يتنفض بين الورد، امرأة لا تشبه السلحفاة أو المعزاة تحت بالة من الثياب.

    يَا لَنَهْدِ
    نَزِقِ المنقارِ .. أبيضْ
    مثل عصفورٍ .. تنفْضْ
    بين وردِ

    تلك سامبا..
    رقصة ثم .. انحناءة
    فالمصابيح المضاءة.. تتصبى

    وهذا مظفر النواب.. يتجاوز صديقنا نزار قباني
    ويصوِّر جلالة النهد ثلاث مرات
    وفي كل مرة.. تأتي الصورة أشد بهاء مما سبقها

    “ورأيتُ صبايا فارسَ يَغْسلنَ (النّهدَ) بماءِ الصّبح
    وينتفضُ (النّهدُ) كرأسِ القطِّ من الغسْلِ
    أموتُ (بنهدٍ)، يحكمُ أكثرَ من كِسرى في الليلِ”

    قل كلمتكَ وامشِ.
    وقل لصديقك فلينشرِ الصورة، دون أن يخشى أو يتهيب.

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    • د. أحمد شبيب الحاج دياب

      إن لم يأتِ هذا التعليق في سياق النصّ المكتوب
      إلّا أنه تعبير وجداني لا بدّ من نشره:
      فهذه قصيدة باللغة المحكية بعنوان
      “لوطال ليل السهر”:
      هَدِيّة للصديق الطبيب الأديب:
      الدكتور شوقي يوسف:

      لوطال ليل السهرْ

      لو طال ليل السهرْ
      أودبلت جفوني
      لو نهر دمعي انهمرْ
      زخّات مجنوني
      من هول ظلم البشرْ
      وفكار ملعوني
      قلبي بصدري انعصرْ
      ابكي من شجوني
      لا تعزلوني يا بشرْ
      بالله لا تلوموني
      ****
      مشكور يالْ بِالشِّعِرْ
      بدّك تواسيني
      هالعمر صار العصرْ
      والدهر طاغيني
      لوكان قلبي انعطبْ
      أونشفت شراييني
      بلسم كلامك رطبْ
      وزهور يسميني
      بتزيل عني التعبْ
      وبعون الله تشفيني
      ****

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