En mars 2021, le neurologue Dr. Shawky Youssef a publié un article sur les femmes insoumises. J’ai été captivé par ce texte et l’ai traduit en arabe en l’introduisant par ces mots :
L’écrivain russo-américain Vladimir Nabokov estime que les langues sont équivalentes en termes de sens et de sonorité, et que ce qui est imaginé dans une langue peut l’être dans une autre sans que la traduction n’engendre de significations nouvelles ou superflues. Certains critiques et spécialistes contestent cependant cette idée. Ils défendent une conviction opposée : la synonymie lexicale pure est impossible, même lorsque le traducteur maîtrise l’une ou les deux langues. En réalité, la traduction implique toujours une interprétation supplémentaire. Et lorsqu’un traducteur, comme moi, ne domine pas parfaitement la langue, l’équivalence déforme souvent le texte et en obscurcit le sens. Si l’original était terne et pauvre, la traduction le fragmente davantage, le réduisant à une énonciation sans vie. En revanche, les écrits inspirants, comme le récit que je tiens entre mes mains, sont admirables : l’amour du texte anime et enrichit la transposition.
J’admire les écrits du Dr. Youssef sur les femmes, car son obsession pour leur amour y transparaît. La beauté d’un chapitre a pallié ma maîtrise imparfaite de la langue et m’a aidé à mieux comprendre le français, qui se montrait pourtant si rebelle à mon égard.
Ce que Joachim du Bellay a écrit pour défendre le français, il l’a formulé après avoir perdu patience avec les traducteurs indiscrets. À la lecture de ses reproches, j’ai eu l’impression qu’il s’adressait directement à moi, sans me nommer, m’accusant d’avoir amoindri sa stature et terni la gloire de la langue française en traduisant, en 2020, l’un de ses sonnets avec une certaine légèreté. Il s’interrogeait alors : « Que dire de ceux qui méritent moins le titre de traducteurs que celui de traîtres, puisqu’ils trahissent les auteurs, diminuent leur gloire et induisent les lecteurs ignorants en erreur, au point d’inverser leur lecture, faisant du blanc un noir ? »


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