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En arabe

Puisque je suis confiné, la pandémie oblige, j’ai un immense plaisir à m’engouffrer dans “l’Élysée” de mon cousin et ami Adel HAJ HASSAN, ingénieur agricole et gourmand d’anthropologie. C’est une occasion peu fréquente me permettant de traduire son petit manuscrit inspiré par sa lecture du livre que je le lui avais offert intitulé “Moïse et les derniers jours de Tel-el-Amarna” de l’auteur égyptien Sayyed AL-QIMNI. J’espère que cette traduction trouve sa place de joie dans le cœur de mon “acolyte”.

Mon cher ami Dr. Chawki YOUSSEF,

Avant de sillonner les mers mystérieuses de l’anthropologie, j’aimerais te communiquer une observation cocasse. Comme tu le vois, il y a en en-tête de ma lettre ouverte, la célèbre statue de Moïse sculptée par Michel-Ange en 1515. Elle se trouve dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Le sculpteur a une manière superbe de nous montrer sa brillance anatomique. Étant toi-même médecin, il est naturel que tes confrères apprécient le travail méticuleux du sculpteur, surtout sa capacité à ciseler tous les plis difficiles, et là se trouvent la perfection du corps et ses secrets. Michel-Ange a fait son apprentissage dans les jardins de la famille Medicis, jardins ornés par un ensemble de statues de l’époque gréco-romaine. La barbe de Moïse ressemble à des cordes qui lui donnent un aspect tyrannique. Mais comment se fait-il qu’il ait deux cornes? L’énigme de ces deux callosités réside dans une mauvaise traduction et peut-être l’incompréhension du verset hébreu biblique: «Quand Moïse descend du mont Sinaï, tenant les deux tables dans ses mains, il ne s’est pas rendu compte de son visage étincelant (cornu en hébreu)», et ses adeptes l’ont fui par peur. La traduction en latin est la suivante: «cornita Mosi faciem».

Cher ami,

J’ai lu avec intérêt et passion les livres que tu m’as envoyés de l’écrivain égyptien Sayyed AL-QIMNI et je suis pleinement satisfait de ce qu’il a écrit sur les différents auteurs-chercheurs et leurs théories sur l’apparition de la tribu israélite en Égypte puis leur exode. Ces théories sont tantôt concordantes tantôt opposées. Les recherches linguistiques et les lectures avant-gardistes des anciens textes m’ont apporté un grand plaisir. Les études épistémologiques, on le comprend bien, ne sont jamais complètes ou définitives. L’auteur égyptien l’admet. Néanmoins son étude, parmi d’autres, ouvre la voie aux nouvelles découvertes que l’on partage avec grand plaisir.

Ce qui est dommageable dans la théologie juive, c’est la compilation, à la fois de ce qui est historique et de ce qui est religieux depuis Abraham 1900 A-V jusqu’à Ezra (Esdras) 500 A-V. Ce brassage accable la raison, leurre les cœurs et augmente l’ambiguïté de l’élément historique traité. Les auteurs sont dans l’embarras pour aborder sérieusement les textes et arriver à des conclusions judicieuses. La Bible n’a pas de crédibilité historique, à l’inverse de AL-QIMNI qui cherche pratiquement l’antithétique dans son dernier livre «Le prophète Moïse et les derniers jours de Tel-el-Amarna». A son avis, les narrations religieuses sont à l’origine de récits historiques infectés par les fables populaires datant du temps de leur rédaction. Néanmoins, la Bible ne constitue qu’un héritage littéraire n’ayant pas de lien sérieux avec les écrits non-religieux. Selon Garbini. G. (1923-2017), c’est plus une divagation fantaisiste qu’une écriture historique. Les chroniques judéo-islamiques concernant Moïse s’apparentent. Ainsi l’auteur de l’Exode écrit: «la femme tombe enceinte et donne naissance à un beau fils… Se trouvant dans l’incapacité de le cacher aux yeux de tous, elle le dépose parmi les roseaux dans un panier de papyrus badigeonné de bitume et de pâte de datte. La fille du Pharaon le trouve et l’ouvre. Elle y voit un garçon qui pleure…. Moïse grandit et part rejoindre ses frères hébreux pour s’informer de leurs problèmes. Il voit un Égyptien qui bat un de ses frères hébreux. Il regarde aux alentours et, comme il n’y a personne, il assomme l’Égyptien et l’enterre dans le sable (le Coran dit: il le claque et l’abat). Le lendemain, il voit deux Hébreux qui se disputent. Il s’adresse à l’agresseur: pourquoi frappes-tu ton prochain? Ce dernier lui répond: qui t’a consacré chef ? Veux-tu me tuer comme tu as tué l’Égyptien? Moïse prend peur et se dit que le fait est déjà connu! Il s’enfuit alors pour se cacher dans le désert du Néguev. Il se marie avec Séphora (Tsippora) la fille de Jethro, prêtre du pays de Madiân qui adorait Yahvé (YHWH). Jethro initie Moïse son gendre et son berger, à la dévotion et aux secrets de cette nouvelle religion (Philippe HITTI, historien Libanais). Le meurtrier est le berger de son beau-père (Al Hassan AL BASRI, célèbre théologien arabe aux temps des Abbasides affirmait que le beau-père Jethro était le prédicateur Chou’ayb du Coran). Un jour, l’ange de l’Éternel lui apparait au milieu d’un buisson ardent. L’Éternel lui révèle la tourmente, la souffrance et les cris de son peuple Hébreu en Égypte. Moi l’Éternel, je suis accouru au secours de mon peuple pour qu’il prenne, comme terre promise, le pays de Canaan, un grand pays ruisselant de lait et de miel. Aussitôt, Moïse et son frère Aaron vont chez le Pharaon, nouvellement intronisé, pour lui communiquer la volonté de Yahvé. Le roi Égyptien refuse d’obéir malgré la puissance magique du bâton de Moïse face aux sorcelleries des magiciens Égyptiens. Devant cette désobéissance, Yahvé afflige l’Égypte de 10 fléaux: le Nil devient sang, les grenouilles envahissent les terres, les moustiques attaquent la population, les vermines apparaissent, la peste attaque le bétail… Moïse quitte la cité de Ramsès et traverse «la mer de joncs» (la Mer Rouge) à pied sec, grâce au pouvoir de son bâton. Cette mer se referme ensuite sur l’armée égyptienne qui tentait de rattraper les fuyards, et l’engloutit.

Cher ami,

Les interprétations sur l’Exode divergent. Il serait logique de concevoir les sites géographiques et les péripéties bibliques comme étant des légendes religieuses trouvant leur origine dans des récits populaires d’évènements réels. Néanmoins, peu de faits historiques crédibles font surface dans le sillage des évènements décrits dans la Bible. Ceci est l’essence même du livre «Moïse et les derniers jours de Tel el-Amarna». Les auteurs anthropologistes ne peuvent que trier les données vagues du texte pour en extraire le maximum de véracité historique. Parmi toutes les théories, une m’a authentiquement attirée, c’est celle de Freud qui a la témérité d’afficher une conception tout à fait révolutionnaire. En fait, il a, pour la première fois, introduit la psychanalyse pour traiter l’histoire de la tribu des Hébreux. Freud essaye, avec une palpitante touche poétique, d’utiliser son savoir scientifique, pour faire un pont entre la psychanalyse individuelle et une psychanalyse collective, dans le but de calmer les maladies névrotiques et instinctives des peuples. Dans son approche, Freud est très attentif à tout ce qui est historiquement inadmissible et incohérent dans la logique des textes religieux, ce qui est vague et immature dans les outils de la science contemporaine, en dépit de ses ajouts d’ordre biologique et médical dont la structure nouvellement créée est captivante. Il dit, lui qui est juif et érudit du Judaïsme: «ôter à un peuple son homme de qualité considéré l’un des meilleurs, n’est pas une idée réjouissante que l’on fait à la légère. Quelque soit la considération, nul n’est apte à me soudoyer pour nier, au nom de ladite nation juive, la vérité flagrante». Les récits sur les Exodes, puisqu’il n’y en a pas qu’un seul, sont rédigés sept siècles plus tard. Ceci est une raison suffisante pour douter de leur authenticité. Il s’agit réellement de mythes populaires, purs produits de l’imagination. Freud affirme que: «Les approuver, constitue un véritable défi pour la logique historique et archéologique. C’est une affabulation romantique». Il ajoute: «L’épistémè actuelle traite le bagage du passé avec beaucoup plus d’attention qu’autrefois». Sa première marque psychanalytique est basée sur la nécessité d’envisager un héros héritier d’une famille noble. Ses parents ont dû, à la suite d’un quelconque tabou ou interdit, avoir une copulation secrète qui occasionne une grossesse, menaçante pour le père ou le nouveau-né. Pour cette raison, l’enfant est déposé dans une corbeille symbolisant l’utérus, et jeté dans les eaux. Les eaux ont la vertu et la sagesse de décider de son sort, et surtout de sa généalogie. Le fils retrouve ses parents et récupère son identité à l’instar de Sargon d’Akkad 2800 av. J.-C. et d’autres comme Œdipe, Pâris, Héraclès, Persée, Gilgamesh, figures mythiques de proses gréco-mésopotamiennes. Sargon d’Akkad, dont l’histoire de son royaume débute avec lui, nous dit:

Ma mère prêtresse du temple je n’ai pas de père
quand elle m’a donné naissance
elle m’a mis dans un panier de roseaux bitumé
elle me débarque sur les eaux sans être submergé
Aki le jardinier m’attrape, m’adopte et me fait grandir
en travaillant dans le verger
Astarté m’accorde son amour. Je suis devenu roi.

La deuxième marque psychanalytique insiste sur la séparation du fils de ses parents, une séparation insinuant un blâme. Traditionnellement, la famille du fils est royale, alors que le foyer qui l’élève est modeste. Ceci est essentiel pour rentrer en possession de sa distinction et de gagner par la suite le triomphe et la gloire. En fait, Moïse ne remplit pas cette condition, idem pour Œdipe se balançant entre deux royaumes. Question: où en est Moïse dans la mythologie? Selon Freud, sa mythologie a connu une déviation antérieure qui a changé et bouleversé le cachet des narrations historiques: la famille qui a abandonné le destin de Moïse aux eaux du Nil est fictive. La famille royale qui l’a arborée est son authentique ascendance. Il ajoute: «Moïse devrait être Égyptien éduqué à la façon hébraïque». Probablement, le Pharaon, dans un rêve, a été alarmé du danger que représentait son futur petit-fils, fruit de sa propre fille. Il ordonne l’abandon du nouveau-né dans le Nil (moyen desauvetage!). La tribu juive le recueille et l’adopte comme l’un des leurs. Ultérieurement, des remaniements dans le récit seront nécessaires pour la construction d’un héros tribal pour une raison purement ethnique. Les Égyptiens n’ont rien à glorifier et applaudir. L’homme en question n’est pas leur surhomme comme l’est Persée pour les Grecs.

Cher neurologue,

Freud l’autrichien disait: «Je me suis retenu, n’en déplaise aux preuves, d’avouer tout, même le plus important. Si nous avons le courage de céder à un bien-fondé général touchant Moïse, nous ne pouvons écarter l’éventualité que le prophète en question soit Égyptien et de surcroit de sang royal ». Cet avis a été promulgué bien avant Freud par l’historien et grand prêtre de l’Égypte Manéthon de Sebennytos (300 avant J.-C.). On se demande comment un Égyptien de haute lignée aurait pu être aux commandes d’émigrants de basse couche et leur imposer un nouveau code religieux propre à l’Égypte? Comment a-t-il pu concorder une confession égyptienne en place, basée sur l’adoration de statues et d’animaux, et une autre juive polythéiste presque abstraite? Comment est-il parvenu à concilier une religion égyptienne croyant à l’au-delà et une autre juive niant l’éternité? Freud a une approche de ce paradoxe: la religion de Moïse était exclusive. En 1375 avant J.C. le pharaon Amenhotep IV, fils de l’une des filles de Joseph l’hébreu, arrive au pouvoir et dicte une nouvelle confession monothéiste régnant en Égypte, en Syrie et au sud de l’Égypte (Nouba). Le nouveau monarque rend un culte puisant son essence dans l’impact du soleil sur la terre. Sa foi le pousse à éclipser le nom d’Amonet à le remplacer par le préfixe Akhen pour devenir Akhenaton pour la postérité. Il quitte Thèbes pour Akhetaton, connu actuellement sous le nom de Tel-el-Amarna, tel que l’indique le titre du livre que tu m’as offert.

Cher ami,

La nouvelle religion impose des procédures despotiques qui sont appliquées par la force même si elle est dictée par les lois. C’est ainsi que les anciens temples sont fermés, les trésors du clergé saisis, la gravure monétaire de la déité plurielle effacée. Finalement, Akhénaton ne permet plus la figuration du nouveau Dieu dans les sanctuaires, sur les tombes ou sur les pierres. En réalité, il pense à un nouveau créateur vrai et unique ne possédant aucune forme. Bien que le monothéisme et les anciennes confessions égyptiennes partagent la croyance en la résurrection, cette croyance est boudée pendant un très court laps de temps. Selon Freud, c’est le temps de l’Exode. Cette datation n’est pas admise par tous les auteurs. Le seul Pharaon qui a abrogé cette foi c’est Akhenaton (1367-1350 avant J.C.). Les amulettes, qui conduisent les âmes au paradis ou qui leur épargnent l’enfer, sont jetées au feu. Il est confronté profondément à Osiris le dieu des morts et juge suprême de l’au-delà. Moïse embrasse la nouvelle religion de son pharaon et, même après que les prêtres d’Amon ont repris les choses en main juste après la mort d’Akhenaton, il n’y renonce pas. Il reste fidèle à sa foi et défend l’établissement d’un nouveau pouvoir garantissant le culte d’Aton menacé de disparaitre. Sa position sociale est à la hauteur de sa forte personnalité et de ses ambitions politique et religieuse. Il est probablement, durant cette période charnière, le chef de la terre de Goshen (Gessem) dans le delta du Nil, là où habite sa tribu israélite aux temps des Hyksôs. Il est astreint, sous l’apanage religieux, à faire sortir son clan de L’Égypte tout paisiblement sans faire face à l’écueil de la poursuite armée. Personne n’a pu mettre le bâton dans ses roues. Freud est proche, dans sa théorie de «sortie sûre», de l’historien et grammairien Apion d’Alexandrie qui écrit: «Les israélites vivaient esclaves dans les carrières et ne connaissaient pas les canons de l’hygiène. Ils étaient atteints par les maladies de peau. Les Égyptiens, hantés par la crainte de la contagion, les avaient chassés au Sinaï». Ceci est également en accord avec le portrait des Hébreux, dans les yeux des Égyptiens, abjects et crasseux, cités comme tels dans la Bible.Cet avis n’est pas exclusif à Apion. Il est aussi partagé par le prêtre chrétien Orosius (Paul Orose 380-417 après J.C.) qui transmet une traduction de l’historien Cornélius Népos (58-120 après JC): «tous les documents sont unanimes sur le fait que les Coptes ont souffert d’épidémies qui les avaient rendus malades et malformés. Leur roi Boccorim les avaient exilés. Les déportés formaient des groupes dont le chef était Moïse. Ce dernier les appelait à bannir l’idolâtrie pour que le Dieu du Ciel puisse les guérir» (Orose, L’Histoire de Monde, révisé par l’auteur arabe Abdelrahmane BADAOUI). Le texte affirme que les exilés ne sont pas seulement israélites mais de surcroit Lévites fidèles à la religion de leur maître. Il se peut que Moïse, sa sœur Myriam et son clan aient été affectés par cette épidémie. Cette situation assied son statut de chef des expatriés. Les découvertes archéologiques en Syrie confortent l’idée d’une épidémie dans les rangs de l’armée Hittite durant leur compagne militaire en Égypte en 1346 avant J.C. L’histoire rapporte la mort du roi Hittite dans l’expédition. Ceci est relaté dans la chronique de Cornélius et dans celle de Manéthon. Les évènements sont clairement avérés pour attester l’expulsion des contaminés. Freud présente un peu plus d’arguments : Moïse transmet aux juifs la foi d’Aton. Il fait référence à l’une de ses grandes découvertes. Écoutons la prière juive: «Chéma, Israël, Ado-nay Elohenou, Adonaï Ehad’». Traduction: Écoute, Israël, notre dieu l’Éternel est Un. En réalité, Yahvé confisque le nom Aton et le remplace par son égal juif Adonaï, sachant que la lettre D juive correspond exactement à la lettre T égyptienne. La prière serait: Écoute Israël, ton seul et unique dieu est Aton. Freud présente une autre preuve: L’onction, l’un des rites du sacre et la circoncision égyptienne. La pratique de la péritomie est le privilège des coptes démontré par les études sur les momies et les épigraphies des tombes. Hérodote énonce la même constatation. La Bible ne peut pas se l’attribuer dans le célèbre serment entre Abraham et son Dieu (temps des patriarches fondateurs). La longue aberration concernant la circoncision de Moïse, âgé de 90 ans, chute malgré cette parole putative de la Bible: «Dieu désappointé par Moïse incirconcis, veut sa mort. Sa femme court à sa défense lui proposant d’exécuter l’opération avec une lame de silex». Freud s’interroge: Si Moïse était Hébreu, ayant la fermeté et la volonté de sauver le peuple juif du joug égyptien, pourquoi leur aurait-t-il imposé une douloureuse opération qui les commue en véritables Égyptiens?

Cher ami,

Une fois que le livre que tu m’as offert est dans les mains des gens croyant en la bienséance des livres sacrés, ils seront vite déconcertés. Ils pressent le pas à défendre la triste exactitude des écrits religieux alourdis par les contes épiques qu’une personne clairvoyante et raisonnable réfute. L’auteur du livre que nous discutons, est contraint de soumettre ses travaux aux policiers et aux gardiens de la religion! Néanmoins, les écrits historiques et les données géographiques de l’Exode, épaulés par les recherches archéologiques et la linguistique, demeurent incertains n’approchant pas le rigorisme de l’histoire. La sociologie religieuse est toujours incompatible et discordante dans ses récits avec l’histoire de la migration des peuples depuis le début des États jusqu’à leur écroulement. Leurs supputations conduisent à des résultats obtus et inconciliables. La méfiance est grande; tu doutes et tu te demandes si ce que tu lis aujourd’hui s’est réellement déroulé jadis.

Moïse ne connaissait pas la langue des serfs juifs d’alors qui était la langue de Canaan écrite en Araméen carré (le livre d’Isaïe). Sa propre langue était pharaonique (hiéroglyphes), d’où son célèbre bégaiement. Freud pense que l’antagonisme des deux religions, l’une d’Akhéneton, tolérante et boudant toutes sortes de magie, et l’autre juive, incendiaire, pousse les juifs à l’assassiner au Sinaï et à se détourner de sa foi. Le livre de Josué prédit cette fin tragique de Moïse. La Bible continue néanmoins sa narration et invente un autre Moïse, imaginaire, portant la cruauté des bédouins et les enseignements de son Dieu pyromane; celui qui recommande les bonnes mœurs et puis se distancie d’elles (Firas SAWAH, anthropologue Syrien).

Cher ami,

Cet édifice qu’érige Freud, ton préféré, est une structure virtuelle qui simule le complexe d’Œdipe et l’homicide d’Al-Hussein petit fils de Mahomet. Il dessine un ordre religieux aux reliefs d’auto-accusation d’un peuple qui tue son père et quitte sa religion. Pour que le peuple n’abandonne pas ses espérances primaires dans son Dieu, le sentiment d’auto-culpabilité est la porte de l’innocence et du pardon de Dieu. La perception de la culpabilité est lourde et douloureuse, devant laquelle le dévot n’est pas seulement coupable dans son passé mais aussi durant toute son existence. Il prie Dieu: «nous nous attachons à toi de peur de nos âmes mauvaises».Voilà le travail de Freud qui, certes, n’a pas d’appuis historiques évidents ou de données scientifiques qui le soutiennent, mais il reste que sa théorie, dans sa belle robe, nous paraît toute vraie et concordante avec l’histoire.

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